Historique·Littérature française·Polar

Blackout Baby de Michel Moatti

septembre-blackout-babyJe vous ai déjà présenté Michel Moatti au travers de Retour à Whitechapel, le premier roman que j’ai lu de l’auteur. Dans ce nouveau roman, on reprend plus ou moins la même formule mais on change d’époque. Adieu le Londres victorieux et bienvenue au Londres du Blitz.

Retour à Whitechapel m’avait plutôt enthousiasmé (voir mon avis ici) et j’ai voulu voir ce que l’auteur proposait avec ce nouveau roman. Je vous préviens tout de suite, si vous n’avez pas aimé Retour à Whitechapel, il y a très peu de chance que vous appréciez Blackout Baby.

« Tout avait commencé moins de vingt-quatre heures plus tôt. Pourtant, il avait l’impression que sa vie entière avait été consacrée à cette seule besogne. Trouver des filles, les suivre. Les tuer. » (p. 21)

L’histoire

« Londres, 1942. Profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la capitale. En quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt le « Blackout Ripper ». Les messages qu’il laisse sur les scènes de crime imposent bientôt aux enquêteurs une piste inquiétante : le criminel semble s’inspirer des leçons du mage noir Aleister Crowley et de son manuscrit démoniaque, Le Livre de la Loi. »

Alors que Londres est plongée dans le noir complet chaque nuit afin de compliquer la tâche de la Luftwaffe, aviation allemande, un individu s’en prend à des femmes. Il les viole, les tue et les mutile. Sa manière de tuer fait rapidement penser à Jack l’Éventreur mais alors que ce dernier avait tuer 5 femmes en un mois, ce nouveau serial killer n’a mis que 4 jours. Le risque est grand et Scotland Yard semble démunie. Pour mener cette enquête en toute discrétion, le Cabinet Gris fait appel à l »ancien inspecteur Dew. Ce dernier décide de demander l’assistance d’Amélia Pritlowe pour élucider ce mystère et appréhender ce criminel.

Nous retrouvons deux personnages de Retour à Whitechapel quelques mois après la fin de ce dernier : Amélia Pritlowe, infirmière au London Hospital, et Francis Buir, un des membres de la Filebox Society et ami d’Amelia. Un nouveau personnage fait son entrée, l’inspecteur à la retraite Walter Dew, celui qui avait échoué à trouver Jack l’Éventreur.

Mon avis

Blackout Baby a les mêmes points forts et les mêmes défauts que Retour à Whitechapel à mes yeux. J’ai toujours du mal avec le personnage d’Amélia Pritlowe. Je n’arrive pas à m’y attacher et l’expression de ses sentiments, même s’ils semblent sincères, ne me touche pas. Ce deuxième livre ne m’a donc toujours pas convaincu pour ce personnage.

Sinon, plus d’alternance des époques mais on retrouve l’alternance des points de vue. Le récit alterne entre trois points de vue principaux, celui de Gordon Cummins, le tueur (ce n’est pas un spoiler), Amélia Pritlowe et Walter Dew. L’ensemble est équilibré et bien rythmé. Il m’a parfois été difficile de lire certaines parties sur les meurtres. Les descriptions sont assez explicites et ce n’est franchement pas beau à imaginer.

La réussite de ce récit est pour moi sa part de véracité. Gordon Cummins, aka le « Blackout Ripper » ou le tueur du Blitz, a réellement existé, comme le magicien et sataniste Aleister Crowley. Je n’en avais jamais entendu parler. Comme pour Retour à Whitechapel, l’auteur a fait un travail de recherche poussé sur le sujet. Il y a évidemment une part d’invention dans ce récit mais son cœur est fondé sur des évènements réels. Je trouve que cela se ressent dans l’écriture et dans la narration. On remarque également que Michel Moattti a eu accès à plus d’informations que sur l’affaire de Jack the Ripper. Tout en étant légèrement irréel, Gordon Cummins repose sur une réalité concrète qui ne tient pas seulement à ses meurtres. On sait qui il est, d’où il vient. Le mystère a été résolu.

Que rajouter, si ce n’est l’importance que prend la ville de Londres dans le livre. Londres est un des personnages principaux de ce roman, ainsi que ces habitants. Je n’avais jamais pris le temps d’imaginer ce qu’avait pu être le bombardement de Londres pendant la seconde guerre mondiale. Je savais que cela avait eu lieu mais je ne m’étais jamais arrêtée dessus. Ce livre montre l’horreur de ce moment. Londres a été détruite en bonne partie, les gens devaient se cacher chaque nuit, ils étaient rationnés. Le passage éclair de ce tueur en série a eu un impact dévastateur sur le moral des gens, les Londoniennes étaient mortes de peur. Cette ambiance est très bien retranscrite dans le roman.

Pour conclure

Blackout Baby est un très bon roman. Il se lit vite et nous plonge rapidement dans l’hiver 1942. Pour les sceptiques, le travail de recherche de l’auteur mérite amplement qu’on laisse sa chance à ce roman.

Dans l’attente de vos avis, je vous souhaite de bonnes lectures !


Références : MOATTI, Michel. Blackout Baby. Paris : 10/18, « Grands Détectives », 2014. 428 p.

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