Historique·Littérature française·Polar

Retour à Whitechapel de Michel Moatti

juillet-retour whitechapelJ’ai découvert Michel Moatti au festival de littérature de polars de Lyon, Quais du Polars, au mois d’avril dernier. Il participait à une conférence sur les figures de la littérature britannique. Après avoir vécu quelques années à Londres, il s’était intéressé à la figure de Jack the Ripper ou Jack l’Éventreur. Alors que son travail était plutôt orienté socio-histoire, la voix du roman a fini par prendre le dessus et a donné naissance à Retour à Whitechapel.

« Ce sont l’inconnu, les vides dans l’histoire et, sans doute, l’absence de dénouement visible qui rendent, plus que tout autre, la tragédie de Whitechapel réellement envoûtante pour le grand public. » (p. 21)

L’histoire

Amélia Pritlowe est infirmière au London Hospital pendant le Blitz londonien. Son père vient de mourir et lui explique au travers d’une lettre la véritable identité de sa mère. Elle est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime connue de Jack l’éventreur. Mrs Pritlowe se lance sur les traces du fameux serial killer de Whitechapel. Elle intègre un club de « ripperologues », la Filebox Society, afin d’avoir accès à leurs connaissances et leurs informations sur les meurtres de Jack the Ripper.

Mon avis

Michel Moatti alterne les points de vue et les époques. Le récit balance entre 1888, l’année des meurtres, et 1941, l’année de la quête de Mrs Pritlowe et du Blitz londonien. Le présent est mis en scène uniquement au travers des yeux de Mrs Pritlowe grâce aux récits qu’elle note dans ses carnets. Cela nous permet de voir son avancée et d’en apprendre plus sur elle. Le passé quant à lui est vu d’un point de vue omniscient la plupart du temps mais on y trouve également le point de vue de certains personnages clés. Le va et vient entre les époques fonctionne bien, chacun éclairant l’autre. Par contre j’ai eu parfois du mal avec les parties de Mrs Pritlowe car l’expression de ses sentiments ne m’ont pas convaincu. J’ai trop ressenti une volonté de construction de la part de l’écrivain. Le personnage en lui-même m’a donc pas emballé.

J’ai réellement apprécié la manière dont l’auteur a retranscrit l’époque victorienne. Il a été très fidèle, on revoit les rues crasseuses de l’East End londonien sans effort. Le travail de recherche et de documentation est poussé. On se rend compte qu’il a écumé les archives londonienne (presse, police, …) et la littérature sur le sujet. Le cadre est donc réellement crédible, ainsi que l’histoire qu’il propose.

Pour conclure

A mes yeux, il s’agit d’un bon roman et une mine d’informations sur l’affaire Jack l’Éventreur mais aussi la fin du XIXe siècle. Il est fait pour les amoureux de cette époque et de l’East End. L’auteur nous offre un Jack l’Éventreur crédible, loin des fantasmes et des mythes qui ont pu surgir à l’époque.

J’attends avec plaisir vos retours. Bonne lecture !


Références : MOATTI, Michel. Retour à Whitechapel. Paris : 10/18, « Grands Détectives », 2013. 414 p.

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4 réflexions au sujet de « Retour à Whitechapel de Michel Moatti »

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