dystopie·Historique·Littérature scandinave

Kallocaïne de Karen Boye


mars-kallocainePremier article de mon cycle « dystopie », Kallocaïne est un livre que j’ai découvert cette année alors qu’il a été publié la première fois en 1940 en Suède. Il vient d’être réédité par Hélios.

J’ai un véritable attrait pour la dystopie et ce livre m’a donné envie de creuser un peu plus loin sur les thèmes abordés dans les dystopies et les changements opérés selon les époques.

Une belle dystopie à découvrir.

L’histoire

L’histoire a pour cadre l’État mondial, un État militaire dictatorial où l’individu appartient à l’État. La vie de chacun est scandée selon les besoins : deux soirées familiales par semaine, une soirée de loisirs, les autres soirées sont réservées au service militaire. L’emploi du temps des gens diffère selon la ville et sa spécificité.

Notre héros, Léo Kall, est un chimiste qui vit dans la ville de Chimie 4 avec sa femme et ses trois enfants. Il invente un sérum de vérité, la Kallocaïne, qui va permettre à l’État mondial de contrôler les esprits des gens. Kall est très fier de sa découverte et de son engagement envers l’État mais le doute commence à s’installer, il a peur.

Il est persuadé de bien faire et il en veut à son chef, Rissen, qui lui met des idées dans la tête qui pourrait le rendre coupable aux yeux de l’État. Il finit par dénoncer ce dernier. Il a aussi peur de sa femme qui pourrait le trahir, il ne la comprend, n’arrive pas à savoir ce qu’elle pense. Il se rend compte alors que ses doutes en ont fait un ennemi de l’État et que sous l’effet de la Kallocaïne, il serait condamné. Il décide de fuir l’État mondial mais il se fait enlevé par le pays ennemi, l’État universel.

Mon avis

J’ai eu quelques difficultés à m’habituer au style de l’auteur mais dès que l’ajustement a été fait, c’était juste super.

Karin Boye semble avoir été très marquée par son voyage en URSS et on retrouve dans ce livre une critique crue du régime soviétique. L’effacement de l’individu, la peur collective, la création d’une oligarchie correspondent assez bien à l’image que nous avons encore de l’URSS. Seul absent : le chef suprême. Le culte de la personnalité n’est pas présent dans le livre alors que Staline en a longtemps usé et abusé.

Son point de vue porte plus sur l’individu et la structure sclérosée du système étatique que sur la pression de la propagande, même si elle est présente. Elle s’est peut être sentie plus touchée par ce thème car en tant qu’artiste, cela a été très dur.

Pour conclure

Kallocaïne fait partie de la première vague de dystopique du XXe siècle, à côté de Nous autres de Zamiatine et du Meilleur des monde de Huxley. Cette dystopie vaut réellement le détour. Je ne l’a connaissais pas et je suis heureuse d’avoir comblé cette lacune.

Le style est très différent des dystopies actuelles, l’action y est moins prégnante. Il s’agit avant tout de faire réfléchir à un état, ici celui d’individu libre penseur.

Les deux citations qui m’ont marquée :

« Aucun camarade-soldat, au-delà de quarante ans, ne peut se targuer d’une conscience irréprochable. »

« Pour la première fois de mon existence, j’avais le pressentiment de ce qu’était le pouvoir. Il m’était presque possible de le sentir telle une arme dans ma main – à mon plus grand désespoir. »


Références : BOYE, Karin. Kallocaïne. Paris : Hélios, 2016. 235 pages. 7€90.

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