Fantasy·Festival·SF

Nice Fiction, festival de l’imaginaire 2/2

nice fiction bandeau

Voilà la suite des mes aventures au festival Nice Fiction.

Les conférences et tables rondes

J’ai été à une conférence et deux tables rondes. J’attends que les vidéos de certaines conférences soient mises sur Youtube pour profiter encore. Vous pouvez d’ailleurs retrouver sur la chaîne Youtube du festival les vidéos de certaines conférences de la session 2015.

L’invention du Miroir Parlant dans le conte de Blanche Neige par Christophe BRUNO.

Ce monsieur a un doctorat en sciences du langage et a décidé de poursuivre en partie ses recherches hors du domaine universitaire par le biais de son projet Myth’em all.

La conférence portait sur l’origine du Miroir Parlant : d’où vient-il, à quoi fait-il référence ?
Christophe Bruno propose une explication, à nous d’en faire ce que l’on veut. Selon lui, le miroir parlant serait à rapprocher d’une part au genre littéraire médiéval du miroir et plus particulièrement, et c’est surtout cela qu’il a développé, à un texte de loi du XIIe siècle, le Miroir des Saxons.

Tout d’abord le miroir comme genre littéraire désigne des textes qui conseillaient sur des questions morales. Les premiers exemples datent du IXe siècle mais le terme de miroir l’emporte au XIIIe siècle. Les premiers miroirs en langue allemande sont des recueils de lois et parmi eux, on trouve le Miroir des Saxons. Il conservait le droit coutumier saxon et le droit romain dans un seul ouvrage. Il était au XIIIe siècle le garant des vérités morales.

Blanche Neige étant un conte apparemment créé au Moyen Âge, temporellement l’hypothèse se tient. Ainsi l’appel au Miroir est un appel pour garantir une vérité morale mais la Belle-Mère l’use à mauvais escient car sa seule question concerne sa beauté hors le miroir des Saxons n’est pas là pour juger de ça. Cela renforce encore la folie de la reine.

Que l’on soit d’accord ou non avec cette hypothèse, elle peut être plausible et je la trouve intéressante. Christophe Bruno a tenté de s’intéresser aux signes particuliers de ce conte et non aux traits communs avec les autres. Cela change. Je vais essayer d’aller fouiller un peu plus loin sur ce thème pour voir.

Le 7e continent de plastique et univers post-apocalyptique : les rivages du désastre.

Il s’agit d’une table ronde avec Hélène Crucciani en modératrice et avec pour intervenants Jean-Luc Gautero, professeur de philosophie à l’université de Nice, Yannick Rumpala, maître de conférence en sciences politiques et Sébastien Tissandier, auteur et professeur de SVT.

Le thème principal était la formation de plaques de déchets sur les océans pouvant aller jusqu’à 30 mètres de profondeurs. Le questionnement qui en a découlé était de savoir si la réalité était en train de rattraper la fiction et comment la fiction pouvait nous permettre d’envisager notre réalité.

Les avis étaient partagés, Jean Luc Gautero défendait l’idée que la réalité n’avait pas encore dépassé la fiction alors que Yannick Rumpala était plutôt d’avis que la réalité était pire que la fiction et que certains problèmes actuels étaient souvent sous-estimés notamment par les médias.
Le résultat de ce questionnement est qu’il faut peut être envisager le problème d’une autre manière. Au niveau environnemental, la culpabilité est posée sur l’individu quasi uniquement, or le problème vient plutôt du système. Il faudrait donc réfléchir à une autre manière de vivre collectivement, sans pour autant réduire à néant les participations individuelles.
Le questionnement est intéressant et d’actualité. Le lien entre réalité et fiction m’a beaucoup parlé. Les intervenants ont fait références à pas mal d’ouvrages d’anticipation qui apportent un point de vue sur le sujet :

  • Les derniers hommes de Pierre Bordage,
  • La vague montante de Maron Zimmer Bradley,
  • Mnéménol de Sébastien Tissandier,
  • les diables blancs de Paul J. McAuley

Pour aller plus loin, je vous conseille cet article du Monde sur ce fameux 7e continent de plastique. Il donne des liens vers d’autres documentaires si vous voulez approfondir le sujet.

 

Rivages du passé, rivages du futur…

Nice Fiction Conf
Cette autre table ronde avait pour modérateur Olivier May, auteur suisse et historien. Il était entouré de 4 auteures : Hélène Crucciani, Ketty Steward, Li-Cam et Nathalie Dau.
La réflexion portait sur l’implication de l’histoire, de l’ethnologie, de l’anthropologie et de la sociologie dans l’écriture de texte de littérature de l’imaginaire.

Est-ce que tout est permis dans les références qu’on met dans ses livres ? Peut-on tout écrire car on est dans l’imaginaire ? Jusqu’où peut-on extraire une mentalité pour la mettre dans un autre cadre ?
Il y a eu aussi tout un questionnement autour de la crédibilité par rapport à l’époque historique. Un auteur doit-il suivre le cadre historique ou s’en affranchir ?

Les avis étaient partagés. Ketty Steward déteste l’histoire depuis l’école et elle essaye de s’y intéresser qu’un minimum. A l’inverse, Nathalie Dau est une férue d’histoire médiévale et elle fait des recherches très poussées sur le sujet pour coller au maximum à son époque. Il faut arriver à trouver le juste milieu mais il semble nécessaire pour un auteur d’ancrer son histoire dans le réel.

  • Cette table ronde m’a permis de découvrir des auteurs sympathiques. J’ai été très tentée d’acheter certains de leurs livres mais j’avais explosé mon budget livre. J’ai pris des notes par contre :
    Expéron d’Hélène Crucciani sur le droit à être parent
  • la Source des tempêtes de Nathalie Dau,
  • Noir sur Blanc de Ketty Steward qui n’est pas de la littérature de l’imaginaire
  • Asulon de Li-Cam sur les vampires

Je n’ai malheureusement pas pu assister à trois conférences du dimanche auxquelles j’aurais vraiment aimé être présente : Histoires d’îles, les rivages utopiques et l’âme fantôme des choses au Japon.

J’attends avec impatience qu’elles apparaissent sur la chaîne Youtube. On ne retrouve pour le moment que 3 vidéos sur les conférences suivantes :

Ce fut un beau festival, bien plus riche que l’année précédente. j’espère le retrouver l’année prochaine.

 

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